Plus-value immobilière : quels travaux déduire, devis ou facture ?
À la revente, les travaux réduisent la plus-value imposable : frais réels sur factures ou forfait de 15 %, pièces à garder, travaux exclus.
Vous avez fait des travaux dans un logement que vous allez revendre, et vous vous demandez s'ils réduiront l'impôt sur la plus-value. La réponse dépend du type de bien, de la durée de détention et, surtout, des pièces que vous avez gardées. Ce guide explique la logique, la différence entre devis et facture et les pièges.
Règles vérifiées le 25 octobre 2026 ; Service Public, fiche mise à jour le 15 avril 2026. Avis indicatif, pas un conseil fiscal : le notaire calcule la plus-value lors de la vente.
Qui est concerné ?
La plus-value immobilière est le gain réalisé quand vous vendez un bien plus cher que vous ne l'avez acheté. La vente de la résidence principale est totalement exonérée (Service Public, F10864), avec ses dépendances (cave, garage, place de stationnement). Les travaux y sont donc sans incidence fiscale. Ce qui suit concerne les autres biens : résidence secondaire, bien locatif, terrain bâti, sauf exonération particulière (bien détenu depuis plus de 22 ans pour l'impôt sur le revenu, etc.).
La plus-value imposable se calcule en retranchant le prix d'acquisition du prix de vente. Ce prix d'acquisition peut être augmenté, notamment des frais d'acquisition et des dépenses de travaux (Service Public). C'est cette majoration qui réduit l'impôt.
Deux façons de compter les travaux
Service Public indique que le prix d'acquisition peut être augmenté de :
- Les dépenses de travaux (construction, reconstruction, agrandissement, amélioration) « sous conditions pour leur montant réel justifié », ou
- un forfait de 15 % du prix d'achat, si le bien est détenu depuis plus de 5 ans.
Les deux ne se cumulent pas : il faut choisir. Le forfait est une facilité qui évite de justifier ; les frais réels sont intéressants quand les travaux représentent plus de 15 % du prix d'achat et que vous avez les pièces.
Les frais réels : ce qui est admis
D'après la doctrine administrative (BOFiP), les dépenses prises en compte doivent respecter plusieurs conditions :
- Nature des travaux : construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration. Les dépenses d'entretien et de réparation, y compris les grosses réparations, ne sont pas prises en compte.
- Réalisés par une entreprise. Les travaux faits par vous-même ou par un tiers autre qu'une entreprise sont exclus, ainsi que le coût des matériaux que vous avez achetés vous-même, même si l'installation est faite par une entreprise. Les frais d'installation facturés par l'entreprise, eux, peuvent compter.
- Supportés par le vendeur et non déjà déduits de vos revenus (par exemple en revenus fonciers).
- Justifiés par des factures d'entreprises comportant les mentions obligatoires.
Ces règles sont issues de la doctrine administrative, dont plusieurs versions coexistent : consultez la version en vigueur sur le BOFiP ou demandez au notaire.
Devis ou facture : lequel garder ?
Les deux, mais la facture est la pièce décisive. Un devis décrit des travaux prévus et leur prix. Seule la facture prouve une dépense réalisée. La doctrine précise que la justification résulte « nécessairement » de la présentation des factures des entreprises. Voici ce qu'il faut garder pour chaque chantier :
| Pièce | À quoi elle sert |
|---|---|
| Devis signé | Décrit les travaux, relie la facture au projet, utile en cas de doute sur la nature des travaux |
| Facture | Justifie la dépense, avec la nature des travaux, le prix, le nom de l'entreprise |
| Preuve de paiement | Montre que vous avez supporté la dépense (relevé, chèque, virement) |
| Procès-verbal de réception | Date et achèvement des travaux |
| Attestation décennale | Pour la vente (assurances obligatoires à mentionner) et pour les garanties |
| Photos avant / après | Illustrent la nature d'amélioration des travaux |
Conservez ces documents jusqu'à la vente, et quelques années après : l'administration peut vérifier. Des factures sur papier thermique s'effacent : numérisez-les.
Les erreurs fréquentes
- Ne garder que le devis. Il ne justifie pas une dépense.
- Facture à un autre nom, sans lien avec le bien ou le propriétaire : l'administration peut la refuser.
- Facture trop vague (« travaux divers », « main-d'œuvre ») : elle ne prouve pas la nature d'amélioration. Un bon devis détaillé aide à produire ensuite une facture précise. Voir mentions obligatoires d'un devis.
- Compter l'entretien comme des travaux : peinture de remise en état, remplacement à l'identique, réparations ne comptent pas.
- Oublier de choisir entre forfait et frais réels, ou de cumuler les deux.
- Appliquer le forfait de 15 % sans avoir fait de travaux. La jurisprudence a limité cet usage : si l'absence de travaux est établie, le forfait peut être écarté.
Un exemple chiffré
Vous avez acheté une maison secondaire 200 000 € et vous la revendez 20 ans plus tard après avoir fait remplacer la toiture et les fenêtres par des entreprises, pour 40 000 € sur factures. Le prix d'achat majoré pour le calcul peut comprendre ces 40 000 € (frais réels), soit plus que le forfait de 15 % (30 000 €). Si vous n'aviez que 15 000 € de factures, le forfait de 15 % serait plus avantageux. C'est un exemple d'école, pas un calcul fiscal : le notaire fait le calcul complet, avec les autres éléments (frais d'acquisition, abattements pour durée de détention).
Comment s'y prendre en pratique
- Pendant les travaux, demandez des factures détaillées à votre nom, avec l'adresse du bien. Faites-les établir par des entreprises, pas en direct.
- Classez par année et par bien un dossier « travaux » : devis, facture, paiement, réception.
- Avant de vendre, listez les travaux et rapprochez-les des factures. Précisez ce qui est amélioration et ce qui est entretien.
- Parlez-en au notaire dès la mise en vente. Il détermine la plus-value et le choix entre frais réels et forfait.
Un devis précis aujourd'hui, c'est une facture exploitable demain. Faites tester votre devis avant de signer : DevisScan vérifie que chaque ligne est claire et détaillée.
À savoir. Ce guide présente des règles générales, vérifiées le 25 octobre 2026. Il ne remplace pas l'avis d'un notaire ou d'un conseiller fiscal. C'est un avis indicatif, pas un conseil juridique ni fiscal.
Questions fréquentes
Un devis suffit-il pour déduire des travaux de la plus-value ?
Non. Pour les frais réels, ce sont les factures des entreprises qui justifient la dépense. Un devis prouve un projet, pas une dépense effectuée. Gardez les deux, mais retenez que la facture est la pièce qui compte.
Les travaux sont-ils toujours déductibles ?
Non : seuls comptent les travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration réalisés par une entreprise. L'entretien et les réparations n'entrent pas dans le calcul, ni les travaux faits par vous-même.
À quoi sert le forfait de 15 % ?
Si vous vendez un bien bâti plus de cinq ans après l'avoir acquis, vous pouvez majorer le prix d'achat de 15 % au titre des travaux, sans justificatif. Il ne se cumule pas avec les frais réels, et la jurisprudence en limite l'usage si l'absence de travaux est établie.
Et si je vends ma résidence principale ?
La plus-value sur la résidence principale est totalement exonérée : les travaux n'ont alors pas d'effet fiscal. Ce guide concerne surtout les résidences secondaires et les biens locatifs.
Sources
- Service Public — Impôt sur le revenu : plus-value immobilière (vérifié le 15 avril 2026) — service-public.gouv.fr
- BOFiP-Impôts, BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20 : majoration du prix d'acquisition (dépenses de travaux) ; consulter la version en vigueur — bofip.impots.gouv.fr
- Code général des impôts, articles 150 A bis à 150 VH (plus-values immobilières des particuliers) — legifrance.gouv.fr
- Service Public — Doit-on signer un devis ou un contrat avant de faire réaliser des travaux dans son logement ? (vérifié le 16 octobre 2026) — service-public.gouv.fr
Avis indicatif sur les prix, établi à partir de fourchettes publiques. Ce n'est pas un conseil juridique ni une expertise du bâtiment.